Un jour peut-être...
mardi 28 février 2012
La valse lente... des pièces de rechange
L'hiver a investi la grange. Les tuyaux de cuivre affichent des bouches bées au dégel. Les travaux d'urgence sont donc réalisés. Mais ceux de Cok'Hillette attendent... Restaurer à moins de 4°c est inhumain.
Néanmoins, la valse lente débute. Pour un unique temps timide appuyé par les contrebasses du net qui livrent les pièces les plus accessibles à des tarifs de passionnés, c'est à dire pour des bourses extensibles que la passion aveugle... Puis vient le second temps des violons d'harmonie qui récoltent les pièces délicates qu'on ne trouve qu'à certaines adresses et pas forcément au prix fort. Enfin, le troisième temps de la valse, d'harmonie, enlevé, liant que seuls les connaisseurs savent. Des pièces introuvables qui, avec un peu de chance, se retrouvent dans votre escarcelle. Ou les pièces de dernière minute, arrachées au temps. Au troisième temps de la valse. Un, deux, trois... Un, deux, trois... La valse lente des pièces de rechange... Un, deux, trois mois de recherche, d'expertise, de trésorerie. La valse lente des pièces de rechange !
Les projets se planifient pour sa remise en route. Un long weekend de mai est prévu avec le Docteur ès Type H. D'ici là, il faudra recenser toutes les pièces indispensables à la remise en route. Sans en oublier une seule qui compromettrait la participation de Cok'Hillette au rassemblement prévu mi-juin sur ses terres. Elle ne saurait se contenter d'être exposée à l'occasion du musée éphémère du Type H si elle pouvait battre le bitume en compagnie de ses autres congénères.
Alors la quête des manuels de réparation et autres catalogues de pièces d'époque est en marche. Les sites comme Le Bon Coin ou eBay sont sollicités. Mais trouver LA pièce revêt parfois du hasard et les prix pratiqués peuvent être prohibitifs. A l'heure où l'on parle d'un litre de Ss-plb 95 à 2€, la pièce d'ancienne se met à rêver au prix de l'or en barre... et les prix de nos chers camions s'envolent. Adieu les plus beaux spécimens qui trouveront acheteur chez de fortunés étrangers...
Liste à la Prévert
Sur les quatre pneumatiques, les deux avant sont en bon état mais les deux arrière, usés. Il suffisait de trouver un frère jumeau au neuf logé en réserve depuis 1951...
Ce pneu Michelin Pilote 17x400 neuf sera dégoté en Isère grâce à Raymond. Sur la route des sports d'hiver, il a trouvé sa place dans un coffre déjà fort chargé. Hop hop hop comme dirait Bernard !
Michelin crée la gamme "Pilote" en 1936. Une grande partie des véhicules Citroën à partir de 1938 en sera équipée. Quand Cok'Hillette sort des chaines de production des quais de Javel à Paris en 1951, elle en ai chaussés. Il était normal et même, indispensable, de la rééquiper ainsi, 61 ans plus tard. Même si les qualités de tenue de route de ces pneumatiques relèvent du défi tant les contemporains offrent un confort de conduite tellement supérieur. Il faudra donc être particulièrement prudent au volant de Cok'Hillette...
Autres achats Utiles au Salon de Reims et par l'intermédiaire de Rétromobile à Paris :
Pochette complète de joints pour moteur de traction
Carburateur
jeudi 16 février 2012
Plaques bleues - la suite
Souvenez-vous... Sur une vieille photo de Cok'Hillette, probablement avant qu'elle ne soit repeinte, nous avions remarqué la présence d'une plaque bleue à l'arrière mentionnant les initiales "LB" suivies de "PARIS" et "SEINE". Ces plaques bleues étaient destinées aux professionnels qui utilisaient cet utilitaire ans le cadre de leur travail dans les années 50 et jusqu'au milieu des années 60. Des caractères blancs d'une hauteur réglementaire de 8 cm de haut sur un fond bleu ciel, le tout peint directement sur la carrosserie, renseignaient le nom de l'entrepreneur ou de l'entreprise, parfois le métier ou le commerce et toujours la ville et le département.
Mais Cok'Hillette n'a jamais été un utilitaire professionnel ! Achetée neuve en octobre 1951 pour devenir un camping-car par son seul et unique propriétaire jusqu'à son décès en 1974 !
Alors diable pourquoi des plaques bleues sur ce véhicule de loisir ?
Happy-H avait soulevé une hypothèse intéressante ; était-ce une astuce de commander un Type H pour une destination professionnelle afin d'en écourter les délais d'attente ?
Un article trouvé par la.syrah décrit la situation de l'époque quant aux délais de livraison ;
"Toucher" sa 2cv prenait jusqu'à 6 ans ! Peut-être existait-il aussi des délais d'attente importants pour "toucher" son Type H ? D'où le recours à une ruse qui donnait priorité aux artisans et commerçants ? Le mystère reste entier mais nous progressons sur le contexte économique de cette première moitié des années 50.
Mais Cok'Hillette n'a jamais été un utilitaire professionnel ! Achetée neuve en octobre 1951 pour devenir un camping-car par son seul et unique propriétaire jusqu'à son décès en 1974 !
Alors diable pourquoi des plaques bleues sur ce véhicule de loisir ?
Happy-H avait soulevé une hypothèse intéressante ; était-ce une astuce de commander un Type H pour une destination professionnelle afin d'en écourter les délais d'attente ?
Un article trouvé par la.syrah décrit la situation de l'époque quant aux délais de livraison ;
"Toucher" sa 2cv prenait jusqu'à 6 ans ! Peut-être existait-il aussi des délais d'attente importants pour "toucher" son Type H ? D'où le recours à une ruse qui donnait priorité aux artisans et commerçants ? Le mystère reste entier mais nous progressons sur le contexte économique de cette première moitié des années 50.
lundi 6 février 2012
Combien coûterait aujourd'hui un H ?
Je me suis toujours demandé combien pouvait coûter un type H neuf ? L'idée d'un Type H neuf dépasse déjà toute espérance ! Qui a connu un Type H flambant neuf, sortant des chaines de production de Javel ou d'Aulnay ? Alors, en cette sortie de guerre, combien pouvait coûter l'utilitaire qui servira à la reconstruction du pays, aux trente glorieuses ?
L'énigme a pu être résolue grâce à un article de l'Auto-journal de janvier 1955. Le véhicule neuf coûtait alors 766 900 Francs.
Les chiffres de l'INSEE ont permis de convertir cette somme depuis les francs de 1955 vers les nouveaux euros de 2012. La livraison d'un type H neuf vous aurez coûté 15 615 € !
mardi 24 janvier 2012
Retour Rue Renan...
Il y a des matins qui vous emportent. Qui vous délectent.
Je me suis donné la charge de retrouver la vieille dame qui avait soufflé « Tiens, Coquillette s´en va ». Mais le bruit des vérins hydrauliques du poids-lourd plateau avait impoliment couvert sa douce réflexion et nous étions si occupés ce matin du 19 novembre 2011…
En quête de vérité, j´organise l´ordre de bataille : recensement des numéros de téléphone des voisins d´Yvonne et Lucien, tri selon la correspondance des prénoms avec des personnes susceptibles d´avoir connu le couple. Exit les Laurent ou Karim. Je commence par Maurice, Jacqueline, Roger ou encore Madeleine. Puisqu´il doit s´agir de retraités, je pourrai les joindre en ce milieu de matinée.
Quelques appels plus tard mais motivé comme jamais, je tombe sur un certain Roger. 85 ans. Alerte. Un peu méfiant. Je comprends. La situation éclaircie, Monsieur Roger m´annonce avoir connu Monsieur Bouchot.
"J´habite ici depuis 1959 alors c´est vous dire ! C´était un homme de grande qualité, gentil, serviable et discret. Il travaillait chez Thomson. Il était le chef d´atelier du service après-vente. J´entretenais des relations cordiales avec lui. Nous travaillions dans la même branche ; j´étais électronicien aussi parfois pour la Thomson. Il avait une qualité : il possédait l´oreille universelle. Il était violoniste et pouvait remplacer au pied levé un musicien de l´opéra tombé malade. Un génie de la musique. Précis. Rigoureux. Il fallait que la note soit précise, pensez-vous ! "
"J´habite ici depuis 1959 alors c´est vous dire ! C´était un homme de grande qualité, gentil, serviable et discret. Il travaillait chez Thomson. Il était le chef d´atelier du service après-vente. J´entretenais des relations cordiales avec lui. Nous travaillions dans la même branche ; j´étais électronicien aussi parfois pour la Thomson. Il avait une qualité : il possédait l´oreille universelle. Il était violoniste et pouvait remplacer au pied levé un musicien de l´opéra tombé malade. Un génie de la musique. Précis. Rigoureux. Il fallait que la note soit précise, pensez-vous ! "
Pendant que Roger faisait appel à sa mémoire, je réalisais à quel point l´ensemble des éléments déjà recueillis convergeait vers son discours ; Monsieur Lucien Bouchot était un homme net, précis, rigoureux... Tout ce que l´état de Cok´Hillette m´avait déjà révélé...
"Pendant les travaux de construction de leur maison, ils vivaient dans leur caravane (NDLA : il veut parler de Cok´Hillette). Ils en ont fait tout l´aménagement eux-mêmes. En retraite, ils partaient parfois deux ou trois mois. Ils n´avaient pas d´enfants alors… "
Roger épuise un peu le sujet. Comme pour conclure, il en arrive à cette presque fatalité : "Le médecin lui disait de ne pas se baisser quand il jardinait. Il est mort dans son jardin d´un AVC."
Roger aborde le second volet avec plus de détachement ; "Madame était plus réservée. Elle aimait jardiner aussi. Puisque nous étions voisins, je la voyais allongée en train de repiquer des fleurs. Même peu de temps avant qu´elle ne décède... "
Plus à l´aise, il se laisse enfin aller à une confidence polissée : "Mais dans le quartier, ils étaient plutôt sauvages. Rien de péjoratif dans cela mais ils étaient dans leur bulle ; heureux, amoureux… "
"Pendant les travaux de construction de leur maison, ils vivaient dans leur caravane (NDLA : il veut parler de Cok´Hillette). Ils en ont fait tout l´aménagement eux-mêmes. En retraite, ils partaient parfois deux ou trois mois. Ils n´avaient pas d´enfants alors… "
Roger épuise un peu le sujet. Comme pour conclure, il en arrive à cette presque fatalité : "Le médecin lui disait de ne pas se baisser quand il jardinait. Il est mort dans son jardin d´un AVC."
Roger aborde le second volet avec plus de détachement ; "Madame était plus réservée. Elle aimait jardiner aussi. Puisque nous étions voisins, je la voyais allongée en train de repiquer des fleurs. Même peu de temps avant qu´elle ne décède... "
Plus à l´aise, il se laisse enfin aller à une confidence polissée : "Mais dans le quartier, ils étaient plutôt sauvages. Rien de péjoratif dans cela mais ils étaient dans leur bulle ; heureux, amoureux… "
Comme il est émouvant d´entendre parler de ces amoureux autrement que par les filières administratives. Roger dit avoir la mémoire qui flanche mais il n´y parait absolument rien. Et donne au passage une petite leçon de vie dans une anecdotique allusion à son état de santé : "Ma force, c´est ma volonté de me battre. J´ai les neurones qui fonctionnent parfaitement bien ! " - Je confirme.
Je raccroche. Quel moment délicieux…
Je me remets en quête de la dame au panier à provisions. Un monsieur approuve ma démarche mais se désole de ne pouvoir m´aider ; il habite la rue depuis peu.
Je tente un Robert. Une dame répond. La voix me semble trop jeune. J´explique ma démarche pour la Nième fois et au moment où je décris la scène de l´enlèvement de l´utilitaire, elle prononce le sésame. « Oui, Coquillette ! » Estomaqué, je lui fais répéter. « Oui, c´était Coquillette. Je suis passée ce matin là avec mon mari. Nous revenions du marché… » Je demande « Est-ce vous qui avez dit ce matin là « Tiens, Coquillette s´en va » ? » « Oui, c´est ça… »
In-cro-ya-ble ! J´étais en train de parler avec cette dame venue apporter le moment de magie dans l´enlèvement du Type H. Le rayon de soleil manquant.
Au téléphone, elle est un peu intimidée, ne répond que de façon succincte à mes questions. J´aurai aimé à ce moment précis qu´elle fut aussi bavarde que Roger. Elle habitait avec son mari le quartier depuis 1978. Elle n´a jamais connu Lucien et pour cause ; il était décédé 4 ans plus tôt. Elle s´est rendue plusieurs fois chez Yvonne. A chaque fois, un pèlerinage obligatoire par Coquillette. Elle définit Mme Bouchot comme une personne nostalgique depuis le décès de son mari, passionnée par son jardin. Elle y tenait tant également. Coquillette avait une importance toute particulière maintenant que Lucien n´était plus. Et sans enfants… Je demande quelques anecdotes à propos des voyages. La seule qu´elle me livre est que chaque année, le couple déterminait sur une carte de France la région à visiter. Une année, ils avaient choisi la Corse. Mais à Marseille, lorsque Lucien vit qu´il fallait sangler Coquillette pour l´embarquer sur le ferry, il refusa et les vacances en Corse furent annulées…
J´imaginais un couple uni et amoureux de leur "voiture" mais à l´issue de notre conversation, ce sentiment était plus fort encore.
Au téléphone, elle est un peu intimidée, ne répond que de façon succincte à mes questions. J´aurai aimé à ce moment précis qu´elle fut aussi bavarde que Roger. Elle habitait avec son mari le quartier depuis 1978. Elle n´a jamais connu Lucien et pour cause ; il était décédé 4 ans plus tôt. Elle s´est rendue plusieurs fois chez Yvonne. A chaque fois, un pèlerinage obligatoire par Coquillette. Elle définit Mme Bouchot comme une personne nostalgique depuis le décès de son mari, passionnée par son jardin. Elle y tenait tant également. Coquillette avait une importance toute particulière maintenant que Lucien n´était plus. Et sans enfants… Je demande quelques anecdotes à propos des voyages. La seule qu´elle me livre est que chaque année, le couple déterminait sur une carte de France la région à visiter. Une année, ils avaient choisi la Corse. Mais à Marseille, lorsque Lucien vit qu´il fallait sangler Coquillette pour l´embarquer sur le ferry, il refusa et les vacances en Corse furent annulées…
J´imaginais un couple uni et amoureux de leur "voiture" mais à l´issue de notre conversation, ce sentiment était plus fort encore.
Devant son silence, j´ai proposé à cette dame de la rappeler dans quelques mois. Elle accepte volontiers…
jeudi 19 janvier 2012
1974
Une photo vous fait voyager... Voyez celle-ci. Simple.
Il s'agit d'une pompe à essence de marque S.E.V. qui équipe Cok'Hillette. A travers le couvercle transparent, on aperçoit l'essence. Une robe de vieux cognac que je ne me risquerai pas à goûter. Une essence vieille de 38 ans. Un dernier plein effectué par Lucien en pleine première crise pétrolière qui marquera la fin des trente glorieuses. Une essence comme on n'en vend plus aujourd'hui. Plombée. Une essence qui a permis ses derniers kilomètres à Cok'Hillette. Une essence que l'on payait en Francs. Où un Eugène Delacroix permettait de faire le plein et de remplir en plus le jerrican de secours. Une essence qui s'est ensuite endormie, loin du cortège vers le Panthéon un 21 mai, loin de la sortie de Madiba de la prison de Pollsmoor, loin des lumières verdâtres dans le ciel meurtri de Bagdad, de l'Euro, de la crise financière.
Ne vous ai-je pas dit qu'une photo invite au voyage ?
Démontage du réservoir pour rénovation
Vidange des quelques litres de carburant, ambré par le nombre des années.
Comme une fontaine de diamants...
J'ai conservé deux litres du précieux liquide. Pour l'éternité. Et quoi de mieux qu'un bidon, surtout si il est un peu cabossé, pour recueillir cet élixir ? Il portera la mention "essence Cok'Hillette - 1974"
La nouvelle pompe à essence de Deucheman - sympa, non ?
Expatriation
Avant d´acquérir Cok´Hillette dans les circonstances que vous savez, j´ai souvent rêvé devant ce Type H de 1951 superbement restauré. On le voit ici dans un cadre on ne peut plus champêtre :
Rénové en terres bourguignonnes, c´est un collectionneur allemand qui le raflera finalement pour le prix d´une berline moderne moyenne, tout de même. Nos voisins (allemands, hollandais, belges et anglais) sont friands de nos utilitaires ; on dit que la France se ligue pour montrer aux hollandais organisateurs de la rencontre internationale du type H en 2012 qu´elle a encore les plus beaux H. C´est de l´humour. Mais un humour qui cache une réalité. Qu´importe la nationalité du collectionneur tant que sa motivation est la même que la nôtre !
Je réserve à Cok´Hillette un avenir gaulois que je convierai, sauf accident de la vie, à mes enfants... Ils ont déjà contracté le virus et je crois savoir qu´il ne les quittera jamais.
Rénové en terres bourguignonnes, c´est un collectionneur allemand qui le raflera finalement pour le prix d´une berline moderne moyenne, tout de même. Nos voisins (allemands, hollandais, belges et anglais) sont friands de nos utilitaires ; on dit que la France se ligue pour montrer aux hollandais organisateurs de la rencontre internationale du type H en 2012 qu´elle a encore les plus beaux H. C´est de l´humour. Mais un humour qui cache une réalité. Qu´importe la nationalité du collectionneur tant que sa motivation est la même que la nôtre !
Je réserve à Cok´Hillette un avenir gaulois que je convierai, sauf accident de la vie, à mes enfants... Ils ont déjà contracté le virus et je crois savoir qu´il ne les quittera jamais.
lundi 16 janvier 2012
Histoire de couleurs
Les premiers Type H avaient une particularité ; une seule et même référence peinture. Un gris brun/doré réf. AC109 qui équipera la majeure partie des fourgons jusqu'en 1975. Nicoh, la mémoire vivante du H, traque les fournisseurs de ce Graal aux tonalités changeantes. Deux H AC 109 pouvent être très différent. L'année de production de la peinture, l'usage fait des véhicules ont donné de la fantaisie à l'uniformité...
Protégé par la toile depuis sa fabrication, un montant revêt cette peinture d'origine intacte des affres du temps. Le matelas sert ici de charte photographique.
Quant à la couleur de la toile, j'ai longtemps cru qu'elle était beige mais l'intérieur est gris bleuté.La toile est enroulable sur le côté gauche mais fixe sur le côté droit. Logique car la toile enroulée empêcherait l'ouverture de la porte latérale. Eligor a pourtant édité une miniature de H 1948 avec la droite enroulée. Raymond me précise que la toile disparaît définitivement en janvier 1953.
Celle de Cok'Hillette était en bon état mais jaunie et marquait des tâches d'humidité disgracieuses. Dans le bain à la main, je n'ai pas réussi à récupérer grand chose. Je vois ce weekend le tapissier du village...
Protégé par la toile depuis sa fabrication, un montant revêt cette peinture d'origine intacte des affres du temps. Le matelas sert ici de charte photographique.
Quant à la couleur de la toile, j'ai longtemps cru qu'elle était beige mais l'intérieur est gris bleuté.La toile est enroulable sur le côté gauche mais fixe sur le côté droit. Logique car la toile enroulée empêcherait l'ouverture de la porte latérale. Eligor a pourtant édité une miniature de H 1948 avec la droite enroulée. Raymond me précise que la toile disparaît définitivement en janvier 1953.
Celle de Cok'Hillette était en bon état mais jaunie et marquait des tâches d'humidité disgracieuses. Dans le bain à la main, je n'ai pas réussi à récupérer grand chose. Je vois ce weekend le tapissier du village...
jeudi 5 janvier 2012
Cok'Hillette est un camping-car ?!
Eh oui... On aurait tendance à l'oublier... Cok'Hillette est un camping-car !
Sûrement là l’essence même de son histoire. Oui, Cok'Hillette est un HZ de 1951 dans un état exceptionnel pour les passionnés contemporains que nous sommes mais il s'agissait initialement d'acquérir un véhicule neuf en vue de l'aménager en camping-car. Pas banal pour l´époque...
Sûrement là l’essence même de son histoire. Oui, Cok'Hillette est un HZ de 1951 dans un état exceptionnel pour les passionnés contemporains que nous sommes mais il s'agissait initialement d'acquérir un véhicule neuf en vue de l'aménager en camping-car. Pas banal pour l´époque...
Blum et le Front Populaire, les Accords de Matignon et les premiers congés payés. Nous sommes en 1936. Mais la guerre éclate bientôt puis suivront les trente glorieuses.
Le tourisme de masse pointe le bout de son nez. Les bains de mer, le camping en famille sont très tendance et apparait alors une façon géniale de partir à l'aventure avec son confort et ses habitudes ; le camping-car.
Contrairement aux idées reçues, le camping-car existe depuis que l´apparition de l´automobile, à l´instar de ce modèle de la marque Rochet-Schneider (1931) qui montre le peu d´adaptation des installations que l´on trouve habituellement dans une maison :
1913
1932
Mais en 1951, cette pratique reste marginale. Certes, les congés payés existent depuis 15 ans mais six longues années furent de guerre. Et ils ne représentent que deux semaines par an (la troisième semaine apparaît en 1956). Alors à cette époque, aménager sa camionnette en camping-car fait encore figure d´innovation.
Evidemment, le Type H n´échappe pas à cette nouvelle pratique touristique :
Aménagement de Cok'Hillette
J'ai retrouvé sur le livret "Comment aménager votre camionnette Citroën 850 ou 1200 kg à Traction Avant" quelques coups de crayons... En y regardant de près, j'ai découvert les plans initiateurs de l'aménagement actuel !
On y retrouve les deux lits repliables, les armoires de rangement en bois, la penderie... Tout est là ou presque.
Passons au moment que certains d'entre vous me réclament ; les photos de l'aménagement de Cok'Hillette !
Tout est en l´état. Les assiettes, les verres, les couverts, le sucrier avec ses morceaux à peine jaunis, les cintres, les interrupteurs, le tapis, le matelas en laine et le sommier en fil de fer. On dit que lorsqu´il faisait trop chaud à St Leu, Yvonne descendait dormir dans son camion. Il règne dans cet habitacle une odeur doucement poussiéreuse mais surtout une vie antérieure, des moments de découvertes, d´aventures, de liberté, de froid, d´action, d´amour. C´est la partie la plus intime de Cok´Hillette. Celle qui ne semble pas encore m´appartenir...
mardi 3 janvier 2012
Référence H 232-2
La référence H 232-2 du catalogue Citroën des pièces détachées de 1948 à 1957 est l´ancêtre de notre bon vieux cache-calandre ! Vous l´ignoriez ? Le Père Noël aussi...
Il a apporté sous le sapin vert un joli cache-calandre à grands chevrons. Les lutins lui avait rapporté la grande déception de Manu quand il découvrit lors du grand inventaire le cache-calandre à petits chevrons (dans un état neuf !!!) alors que la marque adopte les petits chevrons que bien des années plus tard... Un premier lutin, proche de Manu, en a parlé à un second d'Epinay-sur-Seine qui en a parlé à un troisième de Varennes dans l'Allier... De fil en aiguille, le Père Noël a réussi à s'approvisionner dans les délais.
Mais voilà ; le Père Noël ignorait qu'en 1951, le cache-calandre n'existe pas.
Si Cok'Hillette arbore son cadeau comme une médaille agrafée au revers de son veston, elle rougit de devoir accepter un accessoire qui n’apparaîtra qu'aux alentours de 1955 (à vérifier avec Nicoh qui semble avoir des infos intéressantes à ce sujet).
En attendant, l'homme qui révèle la véracité historique,c´est Happy-H. Rapidement, il nous parle d´un écran placé derrière la calandre. Et de me souvenir de cette énigmatique pièce noire dont j'ignorais la fonction.
Lors du grand inventaire, j´ai sorti du vide-poche une pièce neuve d´un sachet en plastique transparent. `
Cok'Hillette possède donc et dans un état parfait, son écran de radiateur. Pièce rarissime... (disparaît en décembre 54)
Le radiateur ne compte que deux pattes inférieures directement découpées dans la tôle du radiateur et les deux supérieures ne sont pas présentes. D’après le plan éclaté ci-dessus, il aurait du s'agir de pièces supplémentaires.
Il a apporté sous le sapin vert un joli cache-calandre à grands chevrons. Les lutins lui avait rapporté la grande déception de Manu quand il découvrit lors du grand inventaire le cache-calandre à petits chevrons (dans un état neuf !!!) alors que la marque adopte les petits chevrons que bien des années plus tard... Un premier lutin, proche de Manu, en a parlé à un second d'Epinay-sur-Seine qui en a parlé à un troisième de Varennes dans l'Allier... De fil en aiguille, le Père Noël a réussi à s'approvisionner dans les délais.
Mais voilà ; le Père Noël ignorait qu'en 1951, le cache-calandre n'existe pas.
Si Cok'Hillette arbore son cadeau comme une médaille agrafée au revers de son veston, elle rougit de devoir accepter un accessoire qui n’apparaîtra qu'aux alentours de 1955 (à vérifier avec Nicoh qui semble avoir des infos intéressantes à ce sujet).
En attendant, l'homme qui révèle la véracité historique,c´est Happy-H. Rapidement, il nous parle d´un écran placé derrière la calandre. Et de me souvenir de cette énigmatique pièce noire dont j'ignorais la fonction.
Lors du grand inventaire, j´ai sorti du vide-poche une pièce neuve d´un sachet en plastique transparent. `
Cok'Hillette possède donc et dans un état parfait, son écran de radiateur. Pièce rarissime... (disparaît en décembre 54)
Le radiateur ne compte que deux pattes inférieures directement découpées dans la tôle du radiateur et les deux supérieures ne sont pas présentes. D’après le plan éclaté ci-dessus, il aurait du s'agir de pièces supplémentaires.
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